Arunachala, la montagne sacrée.

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mercredi 27 août 2008

Epicure





La maladie de l'âme est l'illimitation des désirs.

lundi 19 mai 2008

Jean Biès

L'homme sans signification ne peuple le silence de dérivatifs sonores et de saturnales langagières que parce que le silence lui fait peur, le met face à lui-même, face à un vide désespéré qui n'est qu'une contrefaçon de la vacuité spirituelle. Non seulement le silence rend aux mots leur brillance et leur prix, qu'une surconsommation leur a fait perdre, - tels les galets, replongés dans la mer, recouvrent tout leur éclat -, mais il permet de recharger nerveusement et psychiquement nos accumulateurs d'énergie. Tandis que la parole est toujours, - à l'exception du verbe poétique maîtrisé, sublimé, lointain écho humain de la Profération d'origine, - un produit de l'agitation mentale et de l'imagination passionnelle, le silence dispense des contradictions, des erreurs de jugement, des condamnations hâtives, évite les petites inexactitudes anodines, dont la somme fait le mensonge, les méchancetés insignifiantes qui finissent par rendre méchant, la dialectique raisonneuse, jamais à court d'arguments, toujours en quête de réponses dont elle récuse le droit à l'existence. (...) Le silence véritable est volontaire, conscient et momentané ; il est concentration, concertation des forces vives et cachées, économie, rassemblement ; il est propédeutique de l'intériorisation. Celui du langage prédispose à celui de l'esprit, le décante de l'inutile, - pensées, obsessions, affabulations, - en vue d'un retour à l'idéale vacuité dont relèvent les plus hauts messages. Râmana Maharshi soutenait le paradoxe suivant : "Le silence est éloquence ininterrompue. C'est l'émission vocale qui fait obstacle à l'autre voix... La Vérité est exposée par le silence". Enfin, comme la respiration, le silence est imitation de la nature de Dieu, conformité à cette nature ; non point le "Dieu oisif" auquel l'athéisme moderne reproche de ne pas répondre à l'appel humain, mais l'Être dont tout procède et qui ne procède de rien, pur réceptacle des semences du silence et des semences du son. - C'est pour ces différentes raisons que le silence mérite notre considération ; la meilleure preuve que nous puissions lui en témoigner est de le pratiquer nous-mêmes, soit dans les moments de répit que nous laissent nos occupations quotidiennes, soit un jour entier par semaine, à l'exemple de Gandhi.

Passeports pour des temps nouveaux, p. 96-97.

lundi 31 mars 2008

Lao-tseu


Connaître les autres,
c'est sagesse.
Se connaître soi-même,
c'est sagesse supérieure.
Imposer sa volonté aux autres,
c'est force.
Se l'imposer à soi-même,
c'est force supérieure.

jeudi 27 septembre 2007

Nietzsche

L'homme qui est riche de sainteté se trouve à l'aise parmi les méchants ; toute négation est le fait de l'indigence.

La Volonté de Puissance, t.II, l. IV, § 623.

mercredi 26 septembre 2007

Epictète


Souviens-toi que tu es acteur dans une comédie, celle qui plaît au maître : s'il la veut longue, joue-là longue ; si courte, joue-là courte : s'il veut que tu joues le rôle d'un pauvre, joue-le avec grâce ; de même si c'est celui d'un boiteux, d'un magistrat, d'un plébéien. Car c'est ton fait de bien jouer le rôle qui t'est donné ; mais le choisir, c'est le fait d'un autre.

Manuel, XVII.

samedi 25 août 2007

Sagesse et folie


L'insensé reconnaissant sa folie est, en vérité, sage. Mais l'insensé qui se croit sage est vraiment fou.

Bouddha


Le fou se croit sage et le sage se reconnaît fou.
William Shakespeare

jeudi 23 août 2007

Hegel



Constater ce qui est, tel que cela est, semble infiniment plus élevé et plus grave que de dire à tout propos : "Voilà comment cela devrait être".

Leçons sur la Philosophie de l'Histoire, Paris, 1946, trad. Gibelin, introduction, p. 43