Arunachala, la montagne sacrée.

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jeudi 3 avril 2008

Pic de la Mirandole

LES DOUZE RÈGLES POUR LE COMBAT SPIRITUEL

I. - Si l'homme trouve dure la route de la vertu, parce que sans cesse il nous faut lutter contre la chair, le diable et le monde, qu'il se souvienne que quelque vie qu'il ait choisie, fut-elle selon le monde, beaucoup d'adversité, de tristesses, de désagréments, de travail s'y rencontreraient.

II. - Qu'il se souvienne que, dans les choses du monde, plus longtemps on combat, plus péniblement un travail succède à un autre travail, avec, au bout, le châtiment éternel.

III. - Qu'il se souvienne qu'il est insensé de croire qu'on puisse parvenir au ciel autrement que par une lutte de ce genre, de même que notre chef, le Christ, n'est monté au ciel que par la Croix ; la condition du serviteur peut-elle être meilleure que celle du Maître ?

IV. - Qu'il se souvienne que non seulement il faudrait supporter ce combat, mais le désirer, même s'il ne nous arrivait aucune récompense, seulement pour se conformer à la doctrine du Christ notre Dieu et Seigneur. Chaque fois qu'en résistant à l'un quelconque de tes sens tu te fais violence, pense à la partie de la Croix du Christ à laquelle tu te rends ainsi conforme. Quand, résistant à ton ventre, tu mortifies le goût, rappelle-toi sa boisson de fiel et de vinaigre ; quand tu retires ta main du rapt de quelque chose qui te plaît, pense à ses mains fixées pour toi sur le bois de la croix ; et si tu résistes à l'orgueil, rappelle-toi celui qui, alors qu'il avait la forme d'un Dieu, a accepté pour toi la forme d'un esclave et a été humilié jusqu'à mourir sur la croix, et quand tu es tenté par la colère, souviens-toi que lui qui était Dieu, et le plus juste de tous les hommes, se voyant malgré cela raillé, insulté, flagellé, couvert de toutes sortes d'opprobres comme un voleur, mélangé avec des brigands, n'a cependant donné aucun signe de colère ou d'indignation, mais supportant tout très patiemment, répondait à tous avec la plus grande douceur, et ainsi, en suivant tout point par point, tu ne trouveras aucune souffrance qui, par un certain côté ne te rende conforme au Christ.

V. - Mais ne te fie pas à ces douze armes pas plus qu'à aucun moyen humain ; confie-toi en la seule vertu de Jésus-Christ qui a dit : " Prenez confiance, j'ai vaincu le monde " et ailleurs : " Le prince de ce monde est jeté dehors " ; aussi fions nous à sa seule force pour vaincre le monde et dompter le diable ; et pour cela, nous devons toujours demander son secours par la prière et le secours de ses saints.

VI. - Souviens-toi quand tu as vaincu une tentation, que toujours une autre va venir, car le diable rôde toujours autour de nous, cherchant à nous dévorer. C'est pourquoi il faut toujours se tenir dans la crainte et dire avec le prophète : " je me tiendrai sur mes gardes. "

VII - Non seulement il ne faut pas être vaincu par le diable, mais il faut toi-même le vaincre, et cela se fait quand non seulement tu ne pèches pas, mais que, dans ce qui t'avait tenté, tu trouves l'occasion d'un bien ; de même, si quelque bonne, action t'est procurée, pour que tu te laisses aller à ce sujet à une vaine gloire, pense aussitôt que ce n'est pas ton úuvre, mais un bienfait de Dieu ; humilie-toi, et songe à être plus reconnaissant envers Dieu de ses bienfaits.

VIII. - Quand tu combats, combats comme sûr de la victoire, et devant avoir enfin une paix perpétuelle, car Dieu t'accordera peut-être cette grâce que le diable, confus, de ta victoire, ne reviendra pas ; quand tu as vaincu, comporte-toi comme si tu allais encore combattre, comme si tu combattais encore. Souviens-toi toujours de ta victoire, et, dans la victoire, souviens-toi du combat.

IX. - Quoi que tu te sentes bien gardé et fortifié, fuis cependant toujours les occasions de pécher ; le Sage a dit : " Qui aime le danger y périra ".

X. - Dans les tentations, cours toujours au principe et précipite les enfants de Babylone sur la pierre ; la pierre, c'est le Christ ; car le remède est toujours préparé tardivement, etc.

XI. - Souviens-toi que même dans le moment du combat, c'est une ruse de la tentation de montrer la bataille : et, cependant, il est bien plus doux de vaincre la tentation que d'aller au péché où la tentation t'appelle. Et, en cela, beaucoup sont trompés ; car ils ne comparent pas la douceur de la victoire à la douceur du péché, mais le combat au plaisir : et cependant l'homme, qui mille fois a fait l'expérience de ce qu'était céder à la tentation, devrait bien, une fois du moins expérimenter ce qu'est amère ta tentation.

XII. - En outre, parce que tu es tenté, ne te crois pas abandonné de Dieu ou peu agréable à Dieu, ou peu juste et imparfait. Souviens-toi qu'après que Paul eut vu la divine essence, il subît les tentations de la chair que Dieu permit qu'on lui envoyât, pour lui éviter celles de l'orgueil. Et en cela l'homme doit remarquer que Paul, qui fut un vase d'élection et fut ,enlevé jusquíau troisième ciel, était cependant en danger de s'enorgueillir de ses vertus comme il le dit lui-même : " Pour que la grandeur des révélations ne me fut pas un danger, on m'a donné l'aiguillon de la chair qui me souffletât ". Ainsi, de toutes les tentations, celle de l'orgueil est-elle celle dont l'homme doit le plus se défier, car l'orgueil est la racine de tous les maux : le seul remède contre elle est de songer sans cesse que Dieu s'est humilié pour nous jusqu'à la croix et que la mort, malgré nous, nous humiliera jusqu'à faire de nous la nourriture des vers.

Les douze armes du combat spirituel que l'homme doit avoir sous la main au moment où le péché l'attire :

1. Le plaisir est court et faible.
2. Il a pour compagnon : le dégoût, le remords.
3. C'est la perte d'un plus grand bien.
4. La vie est un rêve, une illusion.
5. La mort est là, venant à l'improviste.
6. La crainte de l'impénitence.
7. La récompense est éternelle ; le châtiment.
8. Dignité et destination de l'homme.
9. Paix de l'âme pure.
10. Bienfaits de Dieu.
11. La Croix du Christ.
12. Le témoignage des martyrs, l'exemple des saints.

(Traduit pour la première fois du latin par le Docteur MARC HAVEN)

14 commentaires:

djaipi a dit…

Costaud... merci Vincent (aussi pour Shirley)

Marion M. a dit…

M... ! c'est le texte le plus puissant que j'ai lu depuis longtemps ! Toute la pratique en concentré...
Peux-tu juste m'expliquer le terme "impénitence" et le sens de l'arme spirituelle n°6 (la n°7 a l'air incomplète ?)
Et le site en lien est particulièrement intéressant ! Tu trouves toujours de ces perles...

fishfish a dit…

Merci Vince
-oui c'est quoi l'impénitence???
-pour le 7 le châtiment est..... provisoire ???

Anonyme a dit…

Merci Vincent.
A genoux devant ce texte... merci !

Voici pour complèter (si je peux me permettre), quelques armes de Dieu, écrites par St Paul, qui peuvent nous être bien utiles et qui peuvent, bcp plus sommairement, complèter :

"... Avec ces armes spirituelles, vous pourrez, les mauvais jours, résister et après avoir bien lutté, vous resterez debout !

Alors debout !!!

Prenez la Vérité comme ceinture, mettez la justice comme vêtement de combat.
Prenez comme sandales l’ardeur pour annoncer la bonne nouvelle de la paix.
Toujours et partout, prenez le bouclier de la Foi. Avec lui, vous pourrez vous protéger des flèches brûlantes de l’esprit du mal.
Recevez aussi le casque du Salut et l’épèe de l’Esprit Saint, c’est à dire la Parole de Jésus.

Priez sans cesse.

Faites toutes vos prières et demandes dans l’Esprit Saint.
Soyez bien attentifs et priez toujours fidèlement pour tous les chrétiens. "

Saint Paul.

De fraternelles pensées à vous tous.

Anonyme a dit…

Touchant ce texte, Vincent, cependant, je ne le prendrai pas à la lettre ni à l'esprit complètement.
C'est à dire que mon personnage de pauvre pêcheur catholique, pourrait l'utiliser de la façon très moralistrice que j'ai vécu en pension chez les soeurs vers 6/7 ans.
Je le reçois donc comme un encouragement, et un défi pour expérimenter, me tromper et apprécier (bhoga), par moi-même ce que je porte de vivre.
Je t'embrasse frère.
J-P autonomio-petto

Anonyme a dit…

Eh oui.... J-P autonomio-petto... je te comprends ! 100 % !
Essaie cependant de ne pas rester sur ce coté moralisateur ; faut se sortir de ca pour avancer. Vraiment !
Des bises.

fishfish a dit…

On peut forcer les gens à suivre les principes de la morale; on ne peut pas les forcer à les comprendre -
Confucius - Toute la différence est là!

Anonyme a dit…

Même si l'enseignement est riche, lumineux et porteur, tous les enseignants ne sont pas des maîtres pour autant...
La preuve, le côté moralisateur a été amené par des hommes, sûrement pas par Jésus, ses disciples ou les saints !
Dommage !!! A nous de rectifier peut être ?

Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Anonyme a dit…

ouh-la, ça (me) calme !
Je dois dire que "1. Le plaisir est court et faible. 2. Il a pour compagnon : le dégoût, le remords", ça me glace un peu ! J'en ai la sensation de rejet, de refus et ça me paraît éloigné du "bhoga" de Swâmiji - mais c'est l'interprétation que j'en ai, bien sûr, et je peux me soupçonner d'en rester à un premier niveau de compréhension.

philippe a dit…

Fort,ce passage des 12 règles.
rien n'est jamais acquis.
Bon,il peut y avoir des déformations.
Comment vivaient les gens de son époque?
Au premier abord, cela peut être incompréhensible pour moi vivant au 21ème siècle.
Dieu est là même ds son absence lorsque rien ne marche comme je le souhaites.L'espoir amène la crainte.
Reste la confiance,maintenant,ici.

Anonyme a dit…

Vincent attention au commentaire de guhn: virus possible. Le même que sur Ipapy
Bises
Anne C

Vincent a dit…

Ok Anne, merci ! Bises !

Vincent a dit…

Je t'embrasse aussi fréro-petto